VIETNAM - Sapa, immersion chez les Hmongs pour la fête de Têt

October 21, 2017

 

Nous avons fini notre périple au Vietnam par la région de Sapa au Nord du Vietnam, dans la province de Lao Cai.

Cette région est connue pour ses paysages de rizières en terrasses à 1500 m d'altitude, parsemés de villages Hmongs et parmi lesquels on peut aisément randonner pour admirer les beaux points de vue.

 

 

 

 

 

 

 

Cette région est donc connue pour abriter de nombreuses familles de l'ethnie Hmong (ethnie d'origine chinoise présente en minorité dans plusieurs pays du Sud Est asiatique. Vous vous souvenez? on en a parlé dans l'article sur Phonsavan au Laos où nous avions profité de leur nouvel an). Ici on les appelle les montagnards puisqu'ils vivent dans les montagnes tout autour de la ville de Sapa. Ils fabriquent beaucoup d'articles artisanaux notamment des tissus très colorés qu'ils descendent vendre à Sapa.

 

 

 

A Sapa, on y va donc pour prendre l'air frais, pour randonner dans les rizières et pour toucher du doigt la culture Hmong.

 

Il y a foison d'agences qui organisent des "treks" de 2 jours ou plus, pour aller dans les montagnes, les rizières et dans les villages Hmong. Mais même si au départ Sapa parait un lieu privilégié idéal pour les rencontrer, comme tout pays qui vit en grande partie du tourisme, le développement ne s'est pas toujours fait à l'avantage des principaux intéressés mais plutôt de ces agences peu scrupuleuses...

D'autres femmes Hmongs se sont improvisées guides individuelles et descendent de leurs villages pour venir vendre directement leurs services de guide aux touristes de passage à Sapa (en plus de leur artisanat, sans l'intermédiaire d'agences). Mais bien souvent ces guides-là ne parlent pas d'autres langues que le dialecte hmong, voir le vietnamien (car ce sont 2 langues bien distinctes) et par conséquent les échanges sont limités. Et pour être honnête, vu que les chemins ont été bien tracés, ce n'est pas compliqué de randonner seul là-bas, il existe même des plans des villages sur internet, certains ont des chambres d'hôtes voir petits restaurants (mais ce n'est pas la majorité). Donc prendre une guide sans avoir d'échange juste pour sillonner des chemins bien indiqués, on pense que ce n'est pas forcément la peine.

 

Alors nous, quelle expérience avons-nous choisie? Avons-nous randonné seuls? Avons-nous fait appel à des guides locales improvisées? À une agence?

 

Nous avons fait beaucoup de recherches pour nous décider finalement à choisir une agence locale équitable. Ah ben tiens! qu'est-ce que c'est que ça? Et bien, tout simplement, une agence qui verse un salaire correct et régulier à ses guides, respecte leur vie privée, soutient des projets des villages Hmongs... enfin une agence qui nous paraissait humaine quoi! La normalité, la base nous direz-vous?

 

Nous sommes donc partis avec Pang, une jeune Hmong de 24 ans, en direction de son village à environ 13 km d'ici, entre montées et descentes dans les rizières. Le temps était pluvieux, avec du brouillard à couper au couteau et le sol était boueux. C'était parfois un peu glissant voir bien casse-g*****. Elle, gambadait en bottes de pluie facilement alors que nous devions faire attention où mettre les pieds à de nombreuses reprises.

Ce qui était bien c'est que nous prenions beaucoup de raccourcis à travers les rizières sans suivre les sentiers, ainsi nous ne croisions personne ou presque. Pang était là pour nous guider et heureusement! car d'une part on n'aurait pas osé emprunter ces rizières et d'autre part on se serait perdus!

 

 

 

 

Elle parlait très bien anglais (appris au contact des touristes) et nous avons donc pu lui poser des tas de questions sur sa culture et ce fut très enrichissant. On n'a pas vu passer le temps ni les efforts, il faut dire qu'elle était bavarde! Elle était drôle, spontanée et très ouverte. Elle aussi s'intéressait à nos différences culturelles. Elle regrettait parfois que les touristes ne parlent pas anglais et ne pouvaient pas communiquer avec elle car elle aimait discuter, échanger et elle était très curieuse!

On a même parlé de ses accouchements, l'un chez elle et l'autre à l'hôpital et de cette coutume asiatique assez étrange pour nous occidentaux: le fait que les nouvelles mères ne peuvent pas se laver pendant 1 mois post partum! Oui oui un mois! ni les cheveux ni le corps ni les dents!

On a fait les courses avec elle au marché de Sapa, immense. On a pris ce qu'on avait envie de goûter en termes de fruits et légumes.
Pour le repas de midi nous nous sommes arrêtés chez son oncle et ses 2 neveux. Nous avons pu l'observer cuisiner au feu de bois un bon moment et apprendre quelques recettes, tout en se réchauffant à la chaleur du foyer car il faisait bien froid. Nous avons également goûté à leur alcool de riz local, servi par l'oncle à foison car jour de fête (peut-être que c'est tous les jours à foison?!) !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons fait quelques photos de son oncle et ses neveux et nous leur avons imprimé grâce à une mini imprimante portative que Fidy avait acheté avant notre départ, exprès pour le périple. Cela imprime des photos de type polaroid. Ils étaient très contents car n'avaient aucune photo d'eux! On pense que ça les a touché et tant mieux.

 

 

 

Après ce repas délicieux et arrosé, nous sommes repartis à pied en direction du village de Pang où une fête très importante nous attendait! Effectivement, pendant 3 jours c'était le Têt = jour de l'an vietnamien! Les Hmongs le fêtent aussi bien sûr!
 

Avant d'arriver au village nous nous sommes arrêtés dans la maison d'une amie de Pang où 2 vieilles femmes battaient le riz cuit pour en faire une pâte afin de faire des fameux gâteaux de Têt (gâteaux de riz collant et fourrées au porc entourées d'une feuille de bananier).

Lors de cette fête chaque famille du village tue à tour de rôle LE cochon de l'année de la famille, et invite tous les voisins à le déguster! LE cochon pèse jusqu'à 200 kg!

Une fois arrivés à la tombée de la nuit au village tout le monde était réuni chez les voisins de Pang qui venaient de tuer leur cochon.

Bon il était à peine 18h et tous les hommes (dont l'époux de Pang) avaient déjà bu beaucoup d'alcool de riz, était gais comme des pinsons et Fidy est vite devenu leur meilleur ami (traduction: on lui a servi beaucoup d'alcool aussi qu'il était très difficile de refuser) !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au repas, nous avons eu droit AU cochon a toutes les sauces, comme dit le dicton "tout est bon dans le cochon !" Fidy se souvient encore des intestins...

Après le repas nous sommes rentrés chez Pang avec ses 2 fils et quelques cousins et autres enfants du village, et nous avons joué encore longtemps à un jeu avec un volant fait maison avec les plumes de coq et en guise de raquettes nos mains! On a beaucoup ri!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ensuite nous nous sommes couchés dans notre grand lit dans la pièce unique de la maison, sous nos grosses couvertures.

 

 Le lendemain au réveil, Fidy a fait des jeux avec les enfants déjà levés de bonne heure, pendant que j'ai essayé la tenue traditionnelle (cousue et brodée à la main durant toute une année) avec une mamie du village, et j'ai même assisté à la mise à mort d'un cochon d'une autre famille !!! Nous vous épargnerons la vidéo...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Nous avons dû par la suite de la matinée changer de guide car malheureusement le père de Pang était décédé dans la nuit et Pang avait dû se rendre dans sa famille (les femmes, une fois mariées, quittent leur village pour aller vivre dans celui de leur mari). Il était déjà âgé et mal en point comme elle nous a expliqué, mais nous étions très tristes pour elle, et ce fut un peu comme un coup de massue, surtout en plein contexte de fête. Chamboulement de programme, nous sommes donc rentrés par un autre parcours que celui prévu par Pang, avec une autre guide.

 

 

La météo ce 2ème jour fut beaucoup plus clémente et la vue était dégagée sur les montagnes.

Je me suis enfoncée dans la boue d'une rizière jusqu'aux chevilles, presque au moment où nous avons croisé ce jeune buffle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Au final nous garderons un excellent souvenir de ce trek, avec une agence très professionnelle et compréhensive (pour la situation de Pang). Les paysages de rizières étaient magnifiques bien sûr, bien que sûrement moins authentiques qu'il y a quelques années de par la construction de routes et l'aménagement pour les touristes.

Néanmoins, la rencontre avec Pang fut ce qui nous a le plus marqué: Parce qu'on a compris beaucoup de choses sur les Hmongs du nord Vietnam, parce qu'on a pu partager une fête annuelle très importante pour eux, parce qu'elle nous a appris de l'anglais (elle parlait beaucoup mieux que nous) alors qu'elle n'a jamais été à l'école, parce qu'elle aurait rêvé être institutrice ou professeur mais que la vie en a décidé autrement, parce que nos rapports étaient sains et simples.

 

 

 

 

Nous avons également fait imprimer quelques photos une fois de retour du trek pour elle et sa famille. L'agence lui a gentiment transmis et elle a même fait une photo en guise de retour, nous avons donc été très touchés aussi.

 

 

 

 

Galerie photos de Sapa (cliquez sur les photos pour les agrandir!):

 

Pour en savoir plus :

 

Sa Pa était jadis un lieu isolé, mais les autorités coloniales françaises y fondèrent un poste militaire, un sanatorium et une mission catholique au tournant du XXe siècle. Une station d’altitude coloniale (hill station) y fut ensuite active durant près de cinquante ans. En plus des demeures coloniales des hôtels furent construits dans la ville. A la fin de la guerre de l'indépendance dans les années cinquante, des bombardements aériens ont détruits toutes ces constructions ou presque et seuls quelques commerçants sont restés, en plus bien sûr des Hmongs dans les montagnes. Leurs principales sources de production étaient le riz et l'opium.

Ensuite Sapa fut repeuplée par des vietnamiens sous le régime communiste.

En 1993, quand la haute région fut ouverte à la circulation touristique nationale et internationale pour la première fois depuis 1947, on vit se répéter, sur une échelle et à un rythme plus grands encore, une phase de développement du commerce et des infrastructures analogue à celle de l'époque coloniale.

Le développement a vu naitre un train reliant Hanoi à Lao Cai (en-dessous de Sapa) et depuis quelques années de nombreuses routes, parfois bétonnées afin de pouvoir accéder plus facilement aux villages.

Du coup ces routes servent également aux touristes qui affluent de plus en plus nombreux dans la région, puisque plus facile d'accès et les montagnards Hmongs ne sont plus reclus dans leurs villages mais essayent aussi de profiter de cette économie potentielle.

 

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